N° 5 Juillet 1982
Edito
Que d’autoroutes parcourues ensemble depuis le premier numéro de « calandres ». La présentation a vite évolué et le magazine est totalement en quadrichromie.
Les premiers lecteurs sont toujours la, mais beaucoup d’autres sont venus, l’amour des belles choses est éternel et en nos temps de « mécaniques », les machines roulante sortant de l’ordinaire deviennent des oeuvres d’art, des plaisirs créés grâce à nos sociétés libérales pour ceux qui désirent s’exprimer, et que les lecteurs de ce magazine apprécient. Elles sont la, derrière ces pages, et derrière celles des précédents numéros, prêtes à accueillir ou supporter haine, envie, jalousie, respect ou admiration. Si vous êtes sensible, leurs ombres ont hanté vos songes, le désir de les posséder toutes vous a tourmenté, la quête du St Graal automobile, vous, Roi Arthur l’épée Excalibur à la main ou, vous, lecteur au volant d’une excalibur!…
Rêves, réalités, prémonitions ou vérités qu’importe. Avoir, posséder, ne fut ce qu’en rêve, l’objet de vos phantasmes les plus fous. Mais qu’avoir en échange, trois, quatre ou six roues, un ou deux moteurs, deux, quatre, six huit ou douze cylindres, du bois précieux, du cuir moelleux, un écusson merveilleux et une calandre?
Dominer ou subir mais en noblesse, l’enfer c’est les autres!
Après avoir roulé dans plus d’une centaine de voitures de grande classe ou de bolides rugissants, je puis vous écrire que toutes m’ont imprégné mais certaines davantage. La Rolls Royce me procure un bien être sans équivalent, le salon qui m’accompagne entre deux rendez-vous d’affaire, la machine qui effectue sans broncher des milliers de kilomètres me permettant d’arriver d’humeur égale serein et décontracté. Le seul engin qui permet de garder calme et bonne humeur au milieu des pires encombrements, confort stéréo et climatisation y sont pour quelque chose, mais pas pour tout, l’esprit Rolls y est pour le reste.
La Rolls est une clé extraordinaire, elle force la « bonne » attitude des gens, hôtels, restaurants et tout commerces, elle est le socle de votre statue. Toutefois l’envie et la haine passent dans d’autres yeux, atroce, malsaine, maladive, que ne puis-je tenir le volant d’une Rolls sans être un exploiteur, un filou, un impérialiste… fadaises stupides, qui fait fortune à notre époque, a dû travailler énormément, tout risquer et faire preuve d’imagination.
Les ouvriers et employés sont trop bien protégés pour parler encore d’exploitation, chacun est libre de ses décisions telle celle de devenir patron, courage entre tous tant l’Etat est tracassier alors que c’est précisément d’hommes entreprenants qu’a besoin la nation.
Alors… si les gens réussis roulent en Rolls, respectons-les, et ne tombons pas dans le piège de l’excuse à la médiocrité et au manque d’intelligence.
La clenet, l’excalibur série IV, la zimmer ou la phillips ne me procurent pas les sensations d’une Rolls, ni celles d’une ferrari, ces voitures sont la finalité de phantasmes et d’exhubérances. On n’y roule pas vite, parce que l’on se regarde, on voudrait se dédoubler pour se voir rouler. Pas de rendez-vous d’affaire en clenet, car la voiture ne consent à quitter son parking privé que pour s’arrêter dans un autre parking privé, loin du public qui y laisse ses empreintes…
Pas de milliers de kilomètres en excalibur, car les insectes gâchent votre voyage en s’écrasant sur votre pare brise, vous laissant imaginer les pires dommages sur vos ailes et votre calandre. Pas de ville en zimmer pour éviter les encombrements qui vous font devenir fou, et ivre de colère lorsque des cyclomotoristes vous frôlent au mépris des rayures!
Pas de pluie en phillips car l’outrage du temps sur vos accessoires chromés, nikelés, cuivrés; sur votre peinture vernie; et sur vos roues à rayons vous met dans une mauvaise humeur indéfinissable qui ne s’évaporera qu’au nettoiment de la belle ce qui dure au moins une journée vu ses formes tourmentées! Alors, pourquoi aimer ce genre de véhicule,
je ne puis y répondre, plaisir masochiste, plaisir d’avoir une maîtresse automobile (impensable que ce type de voiture soit la voiture quotidienne) plaisir d’enfant… Qu’importe, mais si vous voulez vous imposer tachez que la clenet soit votre cinquième voiture, sinon le jet-set rira, la bienséance voulant que vous rouliez quotidiennement en Rolls, que vous alliez à Deauville en ferrari ou lamborghini countach, à la chasse en Range Roover, que Madame aie au moins une mercedes coupé et les enfants une golf GTI!! La clenet vient après, pour rire, pour se déplacer à Monte Carlo ou Cannes-un certain chic quoi! Au même titre un jouet stupide et coûteux fera l’affaire, le tricycle paru dans le calandres n°4 par exemple ou alors si vous êtes un peu réactionnaire une bugatti, une duesenberg ou quelque chose du même style…
Evidemment si vous les avez toutes et tous!… Avez-vous un avion?… vous savez un jet-non!! oh… quelle horreur, venez mes amis, quittons ce méprisable individu.
C’est ainsi amis lecteurs que je vous quitte, je vous conterai la suite de mes amours automobiles dans un prochain numéro.
Le prochain « calandres » sort le 1er août, donc pas d’interruption. Vous y verrez la BMW M1, la sparks turbo, la decourville, la volvo 760 GLE, l’alpine A 310, une visite chez B&B, une autre chez Sbarro, et un tas d’autres véhicules fabuleux.
Amitiés à tous
PATRICE DE BRUYNE
Sommaire
Voitures de rêve, bénéfices mirobolants
Retrouvons la classe des années Trente
La Zimmer Golden Spirit
La gamme Excalibur série III et IV
Rolls Royce
De Lorean
Mercedes 600 BetB

22 février 2010 à 02:56
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