Calandres – Tous les numéros

Posted in Bientôt… on 29 juillet 2009 by calandres

Couvertures magazine Calandres - Tous les numéros

Les vignettes en couleurs signalent les numéros dont la couverture a été numérisée, celles en noir et blanc signalent les numéros dont la couverture sera numérisée ultérieurement.

N° 1 mars 82
La gamme Rolls Royce & Bentley 82
La Corvette 1983
Audi Quartz
Vector
Duchatelet Carat
Auburn
Donkervoort super Seven & Super Eight.

N° 2 avril 82
Les nouveaux modèles Mercedes 82
Ford Probe III
Jaguar XJS
Test Maserati Kyalami, Ferrari 400i, Porsche 928
Une Rolls Royce de seconde main (Silver Shadow I)
Dinapoli
Mathews Diamante
Thoroughbred 540 K
Kanzler

N° 3 mai 82
Aston Martin Bulldog
BMW 635 CSI
Test routier nouvelle gamme Rolls Royce
Inter meccanica
Manta & montage
Panther/Lima/J72 & Deville
Essai routier Panther J72
Salon de Genève 82
TVR Tasmin

N° 4 juin 82
Frazer Tickford Metro
Sbaro Mercedes 540K
Rolls aventures « Camargue »
Aston Martin… toute la gamme
Bradford
La Corvette 4 portes
Opel Senator
Ferrari Rainbow
Alfa Roméo GTV6
Un «Trike» V12 à Paris
Range Rover

N° 5 juillet 82
Comparatif Excalibur Série IV Roadster, Zimmer Golden Spirit, Phillips Berlinetta
Rolls Royce, l’esprit de perfection
De Lorean, L’homme, la voiture, l’usine, & l’Histoire
Mercedes 600 B & B

N° 6 août
BMW M1
Alpine A 310
B & B Mercedes C 111
Franco Sbarro, le Auto Expo à Los Angeles
BMW Turbo Proto de route 73
Sparks Turbo
De Courville
Volvo 760
Historique T.V.R.
Lincoln Continental MK V

N° 7 septembre 82
Monterverdi Tiara 3,8 & 5,0
Maserati Biturbo
Porsche 911 SC Cabriolet
Bentley Mulsanne Turbo
Polo Paris B & B
Lotus Esprit
Ford Granada Break Contre Chevrolet Caprice Break
Les Fords australiennes
Audi 200 Turbo
Moselle
Silver Volt
Kellmark kit car
Comparatif Lotus Esprit/TVR Tasmin

N° 8 octobre 82
Rolls Royce Corniche
Clenet Série II.
Jaguar XJS
Bricklin SV1
Corvette/Bricklin
Artz
Lamborghini/Countach
Camaro Indy 500
Barrister
Cord replica
Historique T.V.R.

N° 9 novembre 82
Bucciali, elle coûte 4.500.000 FF
Caruna
Ferrari Mondial 8
Facel Vega HK 500
Saab Turbo 900
Bitter
Historique T.V.R.
Citroën style
De Tomaso Deauville
Renault 5
Les voitures de Philippe Bouvard
Golf & Scirocco Kamei
Cadillac Pierre Cardin
Cadillac Cimarron

N° 10 décembre/janvier 83
Doval Shadow
Ferrari BB 512
Stutz
Daytona Moya & Migi
Grandeur Opéra
Bizzarrini GT America
Spider Europa
Pininfarina
Corsair,
héritage,
spartan,
hathaway
Lotus Elite
Citroën CX GTI
Pantera
Thoroughbred Motor
Renault 5 Turbo
Mardikian 350 GTS
Baroque coupé

N° 11 février 83
Duesie ressucitée
Styling garage
Aston Martin Lagonda
Renault 6 roues
BB Polo Prisma
Munch Mammouth
Buggy Van Clee
Kougar Monza
Ferrari 308 GTB
Samba Cabriolet
Lancia gamma
Albar
Tout terrain des villes et des champs Land-cruiser & Schmitt

N° 12 mars 83
Excalibur 35X
Alpina
Los Angeles Show
Classis motor
Zender

N° 13 avril 83
Turbo Phantom
Luigi Colani
La Crosse
Lancia Stratos
Maserati Merak
Karmann Story
Des belles pas chères
BMW Alpine B9
Audi Quattro

N° 14 mai 83
La collection Mahy
Cadillac 16 cylindres
Hartmann
Spirit of America
La Rolls des Beattes
La Ford Thunderbird de Marylin Monroe
Pininfarina. Modulo/
Sygma. Jaguar/
Peugette.
Rover 3500
BMW 732i
Mercedes 280 SE
De Sande
Rolls Camargue
Salon de Genève 83
Peugeot 504 Cabriolet
Alfa Spyder 2000

N° 15 juin 83
Opel Irmchler
Guanci S JJ1
Allen Pursuit
6 décapotables
Corvette/Dino/Type-E/450 SL/911/TVR
Pontiac Trans-Am
Camaro Z 28
Antique & Classic
Musée Cunningham
Morgan
Bertone Delfino
Tropic BMW 635 CSI
Heuliez
Trihawk
Audi Quattro Treser

N° 16 juillet/août 83
Clenet série I, II, III
Excalibur série III, IV
Zimmer Golden Spirit,
Bradford Cabriolet.
Alfa Roméo Montréal
Lotus story
604 Peugeot
Mercedes 280 TE
Aston Martin Vantage
Datsun 280 ZX
Starion Turbo
Mazda RX7
Fiesta XR2

N° 17 septembre 83
Tous les Kitcars
Match : Lamborghini Countach contre Ferrari boxer 512.
Alfa Roméo Giulietta 2,0 Turbo
Alfa Roméo Sprint 6C
L’âge d’or…
Caruna Mercedes 4 portes Cabriolet

N° 18 octobre 83
Caterham Super Seven.
Ford Capri 2L8 Turbo
Aston Martin Tickford
Felber
Pisteur MG
Kougar Monza
Sterling & Nova
Atlantis
Sbarro Super Twelve
Classic car week-end

N° 19 novembre 83
Cobra replica Aurora
Panther Kalista
Zimmer Golden Spirit
Mrs. K.M.K.
Anteater
Coleman Milne
Opel Senator 3,0 Mercedes 450 6,9 L
BMW 635 CSI,
Jaguar XJS

N° 20 décembre 83
Ford Sierra XR4i
Mercedes 190 E
Mercedes 300 GD
Spartan Turbo Kitcars
Corvette Can-Am
9me Grand Prix VEC
Triumph T.R. 3
Carrosserie Loyale
AC 3000 ME

N° 21 janvier 84
COB1 la plus belle Cobra du monde
Nostalgia/Lola T 160/Lotus ll/Daytona Spyder/Jaguar XK 120/HMW AIta/Mercedes
SSKL/Bentley 3,5/Morris Minor
Mercedes 540 K
Stimula
Zender Vision 1
Panther 6 roues
Range Rover 6 roues
D & W 500 SEC
Classical GAZ

N° 22 février 84
Vector W2
Lamborghini Espada
Baur Top Cabriolet
Traction Cabriolet
ME Erad Midget
DP sport Porsche
Beaulieu Auto Jumble
Opel Junior
Jaguar Harrods
Mercedes Chameleon
Pick Up Mercedes Styling garage
Alfa 007

N° Hors série 84
Cote mondiale de l’automobile des origines à nos jours, plus la visite du musée Harrah et
la description détaillée de toutes les voitures avec leurs photos couleurs. 146 pages.

N° 23 mars 84
Kitcars
Rolls Silver Spirit
Rolls Royce Straman
Silver Spirit Convertible.
Exclusive auto design Kugok Mercedes
Musée de Sinsheim
Mercury Monterey
B & B
Isdera
Merlin Roadster
Ferrari 250 GTO
Alfa 1 GTO, réplique

N° 24 avril 84
Kitcars
La casse du siècle…
Essai routier comparatif entre…
Ferrari 308 GTB
Dino 246 GT
Lamborghini Espada
Les conversions de R. Strarnan
Ferrari 400i/Firebird Trans-Am/BB 512/275 GTS 4/Daytona
Concours d’élégance à Pasadena
Mercedes 500 K
Pontiac Fiero S.E.

N° 25 mai 84
Kitcars
Renault 25
Mercedes 450 SL
To be or not to be, Mercedes de stars
Ferrari Baby
O’Garah Coach
Cord replica
Jaguar XK 150 Bouillot Helsel type E
Rolls Royce Corniche convertible
Race car Fiero

N° 26 juin 84
Rover Vitesse 6
Jaguar XJ6 4L2
Gemballa
Rolls Royce Silver Cloud Cabriolet
MG S.A.
MGB Allongée
Capri Cabriolet
Jensen Interceptor
Cabriolet Aper Porsche 3L3
Pontarri
Kougar Monza
Fiero Race Car

N° 27 juillet 84
Deville Panther 6
MGTC Duchess
Contemporary Cobra
Bristol
Jaguar Type E V 12
Stratos
Alpine
Jidé
L’usine G.T.O.
Mercedes 280 CE
Vintage automobile
MGA, une restauration d’enfer

N° 28 août 84
Aston Marin Tickford
Rolls Royce Silver Spur 6 portes
Saxon Austin Healey
Pacific Coast Cobra
Héritage
Porsche Speedster
Aquila
Lancia Rally
U.V.A. montage
toute une vie…avec ital Design.
Jaguar XK 120

N° 29 septembre 84
Lister Jaguar XJS
Wood & Pickett
Diamante
Porsche 911 V8
Sun car
203 Cabriolet
Mercedes 230 SL
Excalibur Séries l & II
BB Porsche
Lotus
Marlin
Lincoln 57
Corvette 67
Japonaiseries.

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Cet atelier construit des GTO dans le plus grand secret !

Posted in Bientôt…, Reproduction d'article on 1 juillet 1984 by calandres

Tapi dans l’herbe comme un fauve à l’affût, mes jumelles braquées sur le semi-remorque immobile dans la cour de l’usine, je me remémorais les événements de la veille sans bien me rendre compte du pétrin dans lequel je m’étais fourré.

[numérisation des images : Bientôt…]

Tout avait commencé à la rédaction de Calandres, lorsque ma note de frais pour le rapatriement d’une Jensen Interceptor m’avait été refusée sous de fallacieux prétextes de chèque en bois sur la Banque de Syldavie… (Voir Calandres n° 26, article Jensen Interceptor )

Toujours est-il que je m’étais trouvé jeté comme un malpropre, prié d’évacuer les bureaux – chose que je n’avais faite qu’à moitié puisque j’étais resté quelques instants dans le hall d’entrée à ruminer ma rogne. Et c’est alors que j’entendis à travers la mince cloison de séparation, des bribes de conversation téléphonique entre Patrice De Bruyne et un inconnu. « Dites, il faudrait absolument que vous me finissiez la GTO rouge pour demain… mon client s’impatiente… et je voudrais que la jaune soit terminée pour la fin de la semaine prochaine… c’est possible ? Bon. alors je vous envoie le camion et je prends le premier vol demain matin… » Incroyable… J’étais certain d’avoir bien compris « GTO » et pourtant je n’en croyait pas mes oreilles. Se ferait-il restaurer deux GTO, ou alors connaissant son penchant pour les « répliques»… ?

J’étais arrivé juste à temps au garage pour voir partir le semi-remorque, et je lui avais filé le train discrètement jusqu’ici… 650 kilomètres avec seulement un arrêt essence, sans manger ni boire, l’enfer !

Le semi avait manoeuvré en marche arrière pour placer les portes de la remorque contre le volet fermé du bâtiment, le chauffeur avait coupé le moteur et fermé la cabine à clé, et s’en était allé à pied vers le village. Il était 19 h 30, le bâtiment était apparemment déserté, et si vraiment il s’agissait d’un garage ou d’un atelier de restauration, les ouvriers étaient rentrés chez eux.

J’étais là à plat ventre sur mon talus, à observer le bâtiment à la jumelle, et comme rien ni personne ne bougeait depuis une heure, je décidai de descendre voir cela de plus près… après tout, je ne cours aucun risque d’être dérangé avant demain matin, à moins qu’il n’y ait un gardien ? Après avoir dévalé la pente avec précaution, je m’avance sans bruit sur le parking en béton, et je me tapis sous le semi-remorque. Je suis maintenant tout à fait convaincu que le bâtiment est vide, il règne un silence lourd et pesant, on dirait qu’il va y avoir de l’orage…

Les trois fenêtres en façade sont trop hautes pour que je puisse regarder au travers, je contourne donc le bâtiment sur la droite. Sur le mur de côté, à l’ombre enfin, une porte métallique… Elle est verrouillée, mais la serrure est tellement primitive que je la crochète en deux minutes, et je me retrouve à l’intérieur.

Sans bruit, j’avance dans un bureau poussiéreux pour atteindre une autre porte qui s’ouvre sans résistance… et me voilà dans un atelier plongé dans la pénombre. ET LÀ… le spectacle qui s’offre à mes yeux dépasse toute imagination ! Trois Ferrari GTO, dont une rouge et une jaune… celles dont Patrice De Bruyne avait parlé au téléphone sans doute, plus une autre qui n’est pas encore peinte et dont la carrosserie en aluminium renvoie les derniers rayons du soleil couchant. Plus loin, une Ferrari 250 GT qui semble être en cours de démontage… TILT… j’ai tout compris…

Je fais le tour du vaste atelier en prenant tout mon temps, confiant de n’être pas importuné à cette heure tardive, et je réalise rapidement que les gars qui travaillent ici construisent des répliques de Ferrari GTO sur base d’épaves de Ferrari 250 GT. Qu’en fait, ils construisent de toutes pièces une parfaite réplique de carrosserie GTO toute en aluminium comme il se doit, et qu’ils utilisent les éléments mécaniques d’une GT… et je suis en train de méditer sur la légalité de la chose, en me demandant si les clients savent ce qu’ils achètent ou si on leur prétend que ce sont d’authentiques GTO, lorsque sans prévenir… VRAAAM… le volet d’entrée s’ouvre soudainement dans un vacarme d’enfer !

Je n’ai que le temps de bondir derrière un établi le long du mur, pour voir entrer un groupe de personnes parlant bruyamment comme s’ils rentraient d’une Java.

Et curieusement, aucun d’entre eux ne s’avance vers un interrupteur pour allumer les néons, ils s’affairent dans la pénombre… Ils sont cinq hommes, quatre petits et un grand, et il semble que l’endroit leur est familier. Deux d’entre eux ouvrent les portes du semi-remorque et y placent des rampes… ils vont sûrement charger la GTO rouge. Mais horreur, le grand type amène celui qui semble être le patron vers l’établi sous lequel je me cache… je retiens ma respiration lorsqu’ils s’arrêtent à 30 cm de mon nez, et se mettent à parler à voix basse… « Eh bien tout s’est passé comme prévu et nous sommes dans les temps… la GTO rouge sera à Marseille juste à temps pour l’embarquement, et comme d’habitude, je vous la règle tout de suite… Voilà, comptez… ce sont tous des billets usagés, comme convenu. 900.000 NF… et tâchez de me préparer la jaune pour jeudi prochain, je vous envoie le camion d’office !!!» Mais cette voix… bon dieu, je la reconnaîtrais entre mille… mais c’est Patrice De Bruyne ! » Ça alors… ce n’est pas le cerveau comme je l’avais pensé, c’est le commanditaire ! et le chauffeur du semi-remorque ne sait même pas ce qu’il va transporter à Marseille… Je me demande s’ils en font une toutes les semaines, à ce prix-là, l’affaire doit être rentable… Et hop, j’empoigne mon appareil photo et appuie de toutes mes forces… sur le declencheur… Ah Ah, je tiens enfin un « scoop » d’enfer. Je mitraille lorsque Patrice De Bruyne s’esclaffe « Mais enfin mon bon Bernard Vilegue, attendez que l’on allume, vos photos seront meilleures, venez après demain à mon bureau, vos photos et un bon « papier » m’intéressent ».
Et voilà… comprenne qui pourra.

N° 27 – juillet-août 1984

Posted in Couverture-Edito-Sommaire on 1 juillet 1984 by calandres

calandres N° 27 juillet-août 1984
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Edito

Il se passe d’étranges choses ces temps-ci en Europe… Figurez-vous qu’un de nos lecteurs s’est fait arrêter à l’aéroport national par les gendarmes. Il rentrait paisiblement de Nice, avec pour tout bagage un attaché-case contenant des papiers d’affaires et une paire de plaques d’immatriculation. Il se fait enfermer sur le champ, dans une cellule à l’aéroport même, menottes aux poings, en compagnie d’une douzaine de nord-africains à l’allure peu engageante. Interdiction de téléphoner, et impossible de savoir pourquoi il est arrêté… l’ordinateur au contrôle des passeports a fait bip-bip, et cela a suffi! Il était 14 h 30’… Après une tentative de révolte purement verbale envers les gendarmes qui le traitaient comme un dangereux criminel, ou un trafiquant de drogue, notre ami ronge son frein sans plus un mot, résigné.
Vers 19 h 00, le petit groupe de prévenus est transféré dans le panier à salade, sous la garde de mitraillettes. Une heure plus tard, notre ami se retrouve dans une cellule de prison de la capitale. On l’a obligé à se déshabiller, comme tous les autres détenus, et ses vêtements sont confisqués. Il se retrouve en cellule avec d’autres prévenus, mais aussi des condamnés qui purgent leur peine ! L’un pour assassinat, l’autre pour viol et exhibitionnisme, un troisième pour incendie volontaire.
La nuit se passe sans qu’il puisse fermer l’œil, non seulement parce qu’il fait pleine lumière, mais aussi à cause des cris hystériques que pousse un jeune détenu terrorisé jusqu’à ce qu’un gardien lui administre de force une piqûre… qui l’endort. Ses compagnons de cellule urinent sur la porte, un s’assoit et se soulage dans un coin, il n’y a pas de toilettes et ils savent qu’il est inutile de demander aux gardiens…
À six heures du matin, on lui rend ses vêtements. Il est enfermé depuis 14 h 30 la veille sans avoir pu aller aux toilettes, sans avoir reçu à manger ni à boire, et sans avoir pu prévenir sa famille. Il est embarqué dans le panier à salade, malmené par les gendarmes, et se retrouve au Palais de Justice menottes aux poings… Vers 8 h 30, il est amené devant un juge d’instruction qui le recevra vers 11 heures, et à 11 h 30 il est libéré… Et savez-vous ce qui lui avait valu le privilège de goûter à l’hospitalité délicieuse des services judiciaires ? Il possédait dans son garage une voiture achetée à l’étranger et immatriculée à son nom car il possède une seconde résidence hors du pays, (voiture qu’il utilise très souvent pour faire la navette entre ses domiciles). Et cette auto n’avait pas acquité ses droits… !!! de douane, alors que les accords C.E.E. précisent qu’une voiture régulièrement immatriculée dans un pays membre a droit à la libre circulation…
En plus de cet odieux méfait notre ami n’avait pas payé une amende de 580 F qui lui avait été transmise lors d’un long séjour à l’étranger… Nous pleurons sur le sort des pays sous-développés, nous plaignons les peuples d’Amérique du Sud qui endurent des régimes militaristes, nous réprouvons la tyrannie, les dictatures et les emprisonnements arbitraires des pays de l’Est… et nous vivons tous les jours sous la coupe d’un système policier abject, s’inspirant des doctrines hitlériennes, affichant le même mépris de l’individu et la même technique d’humiliation du sujet pour le déstabiliser. Un retard d’impôts reçoit le même traitement qu’un massacre à la tronçonneuse, les vignettes périmées valent les viols incestueux, tout le monde est dans le même panier sauf… ceux qui portent un uniforme. Qu’il soit de facteur, de militaire ou de conducteur d’autobus, peu importe, du moment qu’il a un képi avec un insigne dessus, le porteur d’uniforme inspire au policier un sentiment confraternel, vous êtes du même bord, vous n’êtes pas suspect, on vous traite comme un frère qui se serait égaré. Nous entretenons de nos deniers de contribuables une masse de gens en uniformes de toutes sortes qui nous oppriment, qui nous traquent, qui nous surveillent et qui nous espionnent. Ils vivent sur notre dos comme des sangsues, en nous pompant nos sous dès qu’ils trouvent un prétexte à moitié valable. Et si on ne paye pas assez, ou pas assez vite, ils vous le font payer encore plus cher parce que la dignité d’un individu n’a pas de prix…
Ils se plaignent, ces pauvres chéris, de n’être pas assez nombreux, de n’être pas bien payés, ils ont même leurs syndicats, ils osent même descendre dans la rue pour faire grève ! Et nous, pauvres pommes, on achète des filets pour le bal annuel de la police parce qu’on ose pas faire autrement, on fait des sourires de niais au douanier pour éviter la fouille complète au poste frontière, on offre le pastis à l’inspecteur des finances pour abréger le contrôle, on passe toute une vie à subir des vexations de toutes sortes et on courbe le dos parce qu’on ne peut pas s’échapper du système.
Il est irréversible, et nous serons bientôt dans la situation de ces républiques sud-américaines où l’armée est omniprésente, où il y a plus de généraux que d’hommes de troupe mais où la troupe dépasse en nombre la population civile…
Patrice DE BRUYNE

Sommaire

4 COURRIER
8 DEVILLE 1/2
14 DUCHESS MGTD
18 COBRA
24 BRISTOL
28 JAGUARD TYPE E
32 STRATOS
38 ALPINE
40 GUYON
42 JIDÉ
44 GTO
48 MERCEDES 280 CE
56 VINTAGE
58 MGA RESTAURATION
65 ANCIENS NUMEROS
66 PETITES ANNONCES

N° 26 – Juin 1984

Posted in Couverture-Edito-Sommaire on 1 juin 1984 by calandres

calandres N° 26 juin 1984
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Edito

CONFIANCE, CONFIANCE !
De plus en plus, on entend nos responsables nationaux parler d’un retour à la confiance. Certains vont même jusqu’à dire que bien des choses s’arran­geraient si au lieu de critiquer « les mesures drastiques prises par leurs minis­tères, on reprenait confiance et on agissait en conséquence. C’est tout à fait vrai.
Mais il faut malheureusement constater que ceux qui doivent reprendre con­fiance sont précisément ceux auxquels on n’accorde aucun droit de gouver­nement. L’électeur, le contribuable, le travailleur sont ceux dont on dit qu’ils devraient reprendre confiance.
S’ils doivent reprendre confiance, et l’on perçoit bien que c’est devenu indis­pensable, c’est bien parce qu’il faut la leur rendre. C’est aux autorités, dans le sens le plus large du terme, qu’il incombe de rendre cette confiance, cette confiance que nous leur avions donnée par nos votes, et qu’elles ont perdue !
Technologies nouvelles! Il fut un temps où les syndicats n’avaient que cela à la bouche : le patronat et l’Etat étaient responsables de la crise dans les industries des technologies nouvelles et même des hautes technologies. Les années ont passé, les difficultés se sont aggravées et les syndicats ne réclament plus que pour la forme : ils savent maintenant qu’une usine de fers à béton en décrépitude ne se remplace ni en 24 heures, ni en 1 an par une usine de micro-chips d’ordinateurs. Pire, ils savent aussi — comme tout le monde — que les manœuvres dits O.S. (ouvriers spécialisés !) confinés dans des tâches modestes mais honorables, sont incapables même en six mois de temps de se mettre au niveau des exigences manuelles fines qu’exi­gent ces fameuses technologies nouvelles… Ainsi donc, apparemment, toute la machine est en vrac. Sur une échelle de 1 à 10, l’état actuel de la mise en pratique de ces technologies nouvelles à travers le monde donne les résultats suivants : Etats-Unis 8/10, Japon 7/10, EUROPE (ensemble) 2/10. Ce n’est pas brillant, mais si on examine en détail à l’intérieur de l’Europe, on constate que les français sont à peine à 1/10 et les hollandais à 0,5/10. Les belges, eux, ne figurent même pas sur l’échelle tellement leur niveau est bas.
Puisqu’il ne nous est pas possible en tant qu’individus de modifier le cours des choses, il ne nous reste plus qu’à espérer que les décisions prises par nos élus nous sortiront de l’ornière technologique dans laquelle nous som­mes enlisés, et à lire « CALANDRES » tous les mois pour nous souvenir que tout n’est pas si triste dans la vie…
Ce mois-ci, nous vous proposons un numéro de « CALANDRES » assez va­rié, dans lequel chacun devrait trouver au moins un article d’un intérêt parti­culier. Les anglais ont-il VRAIMENT amélioré la qualité et la fiabilité de leurs voitures comme ils le prétendent ? Nous avons testé pour vous la dernière Rover Vitesse et la Jaguar XJ série 3. Les artisans allemands font des affai­res d’or en suréquipant sur mesure, comme Gemballa dont nous avons visité les installations. Et comme nous sommes à l’époque des cabriolets, nous vous proposons une MGB allongée pour accomoder une banquette arrière, une MG SA pour les nostalgiques, une Aper pour les rêveurs, une Capri Crayford pour les amateurs, une Jensen pour les amateurs fortunés, et quel­ques autres voitures intéressantes dans d’autres domaines. Dernier point.
C’est avec regret que nous avons augmenté le prix de notre magazine. Vous avez remarqué qu’en 25 numéros, en deux ans de parutions, nous n’avions quasiment aucune publicité. Le ton de nos articles, notre choix déli­béré pour la démystification automobile font que nous n’aurons jamais plus de publicité. C’est une forme de pression pour nous obliger à rentrer dans le rang, et réaliser des essais vérités calqués sur les documents de presse fournis par les constructeurs… Le choix est simple.
1. Ou bien on change de ton, on trouve que Ferrari, Mercedes, et autres, sont de bonnes et superbes voitures que nous nous bornons à décrire dans un style laudatif.
2. Ou bien on continue nos appréciations.
Dans le premier cas, nul besoin de vous demander une contribution complé­mentaire, car la publicité va envahir le magazine. Dans le second cas… ou bien on stoppe le magazine, ou bien vous nous fai­tes confiance.
Merci sincèrement de votre compréhension, et bonne lecture.

Sommaire

4 COURRIER
Vous êtes de plus en plus à nous faire part de vos commentaires, le courrier prend de plus en plus de place… continuez.
8 ROVER VITESSE 6. LA NOUVELLE TRANSEUROPEXPRESS, un nouveau maître achat parmi les berlines de luxe.
12 JAGUAR XJ6 4L2
La tradition perpétuée, la meilleure pour les amateurs de voi­tures de grand luxe.
18 GEMBALLA
La tradition se perd, voici l’archétype du nouveau style pour
nouveaux riches.
24 ROLLS ROYCE SILVER CLOUD DECAPOTABLE
Un fou génial transforme les limousines cabriolets, osez le faire !
28 MG SA
La grande méconnue des anglaises de prestige.
32 MGB allongée
La solution pour les jeunes couples avec enfants.
36 APER/Quand un rêve devient réalité
40 CAPRI CRAYFORD
Un cabriolet fantastique et aussi rare qu’une Ferrari GTO !
44 JENSEN INTERCEPTOR CONVERTIBLE
Jack Lancaster, Bernard Vileghe et Patrice De Bruyne vous embarquent dans un polar de la meilleure veine.
52 PONTARRI
Une américaine qui prend des allures d’italienne… curieux !
54 INFOS
Notre tour du monde des KIT-CARS continue.
56 KOUGAR MONZA
Une très belle réplique d’un Spyder MONZA FERRARI.
58 FIERO
Fin de notre article sur la révolution sportive américaine.
66 Petites Annonces
Qu’attendez-vous pour faire connaître vos bijoux ?

Bouillot Helsel

Posted in Reproduction d'article on 25 mai 1984 by calandres

Le rigolo du mois

Cliquer dans les images pour les agrandir
Bouillot Helsel  Jaguar Type-E

Bouillot Helsel  Jaguar Type-E

Motorfair 1983, organisé tous les ans à Earls Court, accueille en première mondiale la Bouillot Helsel, la perle rare tant attendue par l’élite automobile, la voiture de sport comme plus personne n’en avait construite depuis vingt ans, celle qui va réunir tous les suffrages, et va mobiliser la presse automobile spécialisée qui ne pourra que se répandre en éloge dithyrambique. Et que vous dit-elle, la presse spcécialisée?

Notre estimé confrère Thoroughbred & Classic Cars, dans son reportage consacré au Motorfair, publie une petite photo en noir et blanc, de la voiture avec la légende suivante : « Une société optimiste, du nom de Bouillot Helsel, présente une « nouvelle» Type-E construite sur base d’une monocoque Oldham & Crowther, pour rien moins que 55.000 Livres ! »

A titre de comparaison, c’est le prix de vente en Angleterre d’une Rolls-Royce Silver Spirit, il y avait donc de quoi s’étonner. Quelle ne fut pas notre surprise de rencontrer Monsieur Bouillot – et sa compagne Madame Helsel – au Show d’Essen de fin 83 et d’engager le dialogue avec lui en l’attaquant de plein front sur le prix de vente de sa voiture.

Et Monsieur Bouillot de se défendre énergiquement sur la qualité de finition de sa Type-E, sur le fait qu’il s’agit d’une voiture neuve et non d’une restauration, sur l’énorme avantage qu’elle soit livrée avec des papiers en règle, prélevés sur une épave de 1965-66, sur le coût des matières premières, tels que les bois exotiques et le cuir extra-fin (fait de peau de veau, non de vulgaire peau de vache) et de nous conter, à grands renforts de gestes extravagants et de moulinets de bras les mille et un détails qui ne lui permettent pas de commercialiser sa voiture moins cher. (Elle était affichée à 82.500 dollars à Essen, soit 4.555.000 FB ou 756.500 FF hors T.V.A…). La voiture serait construite de toutes pièces au départ d’éléments neufs, y compris la monocoque porteuse qui serait reconstituée d’après les plans d’époque de l’usine. Les Ets. Connoly Bros. auraient été contactés pour réaliser le garnissage en cuir mais se seraient révélés incapables de fournir la qualité de peau qu’exigeait Mr. Bouillot. Aucune Type-E au monde n’a jamais été finie avec le même souci de détail et la même qualité d’assemblage réalisés par Bouillot Helsel, ce qui les obligent à payer des salaires exorbitants à une poignée d’ouvriers hautement qualifiés, la voiture est équipée d’une boîte 5-vitesses (prélevée sur une Jaguar XJ) qui lui donne des performances d’accélération que le Type-E n’a jamais eu. La qualité de peinture dépasse de loin ce que les meilleurs carrossiers peuvent réaliser de nos jours avec des techniques modernes.

De plus, la voiture est livrée avec un set de bagages, spécialement réalisés par les meilleurs artisans italiens, toujours en utilisant ce fameux cuir de veau, et estampillés tous les 5 cm, d’une griffe Bouillot Helsel dont l’outil nécessaire a coûté à lui seul une fortune.

Ah oui, j’oubliais le principal… la voiture est livrée avec un jeu de clés en plaqué or ! ! ! A notre humble avis, la Bouillot Helsel est une farce d’un goût douteux. Tout le monde sait fort bien que la firme Oldham & Crowther fabrique de nouvelles monocoques de Type-E ainsi que tous les panneaux de carrosserie avec les presses et l’outillage qu’ils ont rachetés à British Leyiand.

II est donc absurde de la part de Monsieur Bouillot de prétendre qu’il les fabrique lui-même à grands frais. Il est tout aussi prétentieux de prétendre que Conolly n’a pas pu lui fournir la qualité de cuir qui serait digne de sa voiture, ils sont mondialement reconnus par les meilleurs restaurateurs comme étant les meilleurs. Pourquoi tous ces mensonges, pourquoi toutes ces affirmations honteusement trompeuses si ce n’est pour tâcher de justifier un prix de vente injustifiable. Lorsqu’on sait qu’une Type-E Lightweight aux spécifications d’usine (avec monocoque et carrosserie en aluminium, moteur 340 chevaux à carter sec, une voiture dont il a été fabriqué 13 exemplaires) peut être à vous pour 30.000 Livres, il faut être franchement dérangé pour s’offrir une Bouillotte à 55.000 Livres parce que pour ce prix-là on pourrait acquérir une authentique Type-D le Mans, ou une Type-C, et encore à titre indicatif, une réplique de Type-C, comme les fabrique la firme Lynx Engineering, se vend 25.000 Livres.

Tout cela revient à dire que la Firme Bouillot Helsel se place en concurrence directe avec Oldham & Crowther, Lynx Engineering, MCR Phoenix et quelques autres, pour fournir le même produit (une Type-E reconditionnée, remise à neuf, avec papiers d’origine) mais en le vendant 10 fois plus cher, sous prétexte que le garnissage est en peau de veau du Périgord ou d’ailleurs, mais pas de chez Connoly, que la clé de contact est plaquée or, et que le coffre est garni d’un set de valises marquées à la griffe Bouillot Helsel.

S’il y a des gogos qui se laissent prendre au piège grossier que leur tend Mr. Bouillot, nous aurons au moins la satisfaction de savoir que ce ne sont pas les lecteurs de «Calandres ».

Une autre indication, la firme Bouillot Helsel a enregistré son Siège Social à Monaco (…) où une téléphoniste à la voix suave ne fait qu’enregistrer les commandes. Pour la livraison, il faut s’adresser à Guernsey (pour celui qui ne le saurait pas, Guernsey est aux Anglais ce que le Lichtenstein est aux Continentaux… un paradis fiscal). Ça ne fait pas très sérieux, tout ça, Monsieur Bouillot !

Bouillot Helsel Inc.
Harbour House, South Esplanade, P.O. Box 134, Saint Peter Port, Guernsey
Channel Islands, Tel : (0481) 28.228

Patrice DE BRUYNE

Bouillot Helsel  Jaguar Type-E

Ferraribaby Barthel

Posted in Bientôt…, Reproduction d'article on 11 mai 1984 by calandres

Bientôt…

N° 25 – Mai 1984

Posted in Couverture-Edito-Sommaire on 1 mai 1984 by calandres

calandres N° 25 - Mai 1984
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Edito

Salon de Genève, 28 février, 1er journée de la presse.

9 h 00 stand SEAT, conférence + petit déjeuner

Oui, c’est bon ça, je vais commencer par là, c’est pas trop tôt, pourrai rester au lit jusque 8 heures, et ça m’épargnera un petit déjeuner au restaurant.

10 h 00 stand SITEV, conférence avec réception

Bof, je passerai voir s’ils servent des petits fours !

11 h 00 Stand MITSUBISHI, présentation avec conférence

Pas terrible, ce qu’ils présentent là, auraient pu prévoir un buffet, un apéro…

14 h 30 Stand HONDA, première avec réception

Une réception à 2 h 30, les pingres, auraient pu offrir un déjeuner à midi !

15 h 00 Stand GENERAL MOTORS, réception

C’est là que les choses sérieuses vont commencer, par quelques gin-tonic.

16 h 00 Stand Opel, réception

Ok j’y serai, on enchaîne avec les whisky-soda et les zakouski…

17 h 00 Stand FERRARI, réception

Si je tiens encore debout, j’irai voir leur GTO et prendre quelques GANCIA.

18 h 00 Scuderia Mirabella, réception au restaurant Le Cervin.

Ça à l’air d’une blague, cette Ecurie Mirabella… j’irai pas.

19 h 00 Dîner offert a la presse par le Comité du Salon, Restaurant Le Salève.

Comptez sur moi, Messieurs, je suis votre homme. Assiette de viandes des Grisons, soufflé genevois, entrecôte marchand de vin, gâteau de fromage, café, cognac, cigares… je me couche à 2 heures du matin, plein comme une outre.

29 février, 2me journée de la presse

Me réveille à 8 h 30, l’estomac barbouillé, les yeux rouges, la barre en travers des tempes… me sens moche. M’habille en vitesse, bois deux Coca, ça vous remet l’estomac d’attaque. Petite vidange rapide et je suis d’attaque pour une nouvelle journée de grand journalisme. Zut, je ne serai pas à temps pour la réception à 9 h 00 sur le stand Citroën. J’espère qu’il restera quelques croissants.

9 h 30 Stand Citroën, réception

II reste du café, bien chaud, et des petits pains au chocolat. Ne pas perdre de temps à bavarder avec Gilles Guérithauld, je vais me mettre en retard sur le programme. Encore une petite tasse oui, pas de lait, merci !

10 h 00 Stand ROLLS-ROYCE, réception

Faut pas la rater, celle-là. Dieu quel monde ! Tous les Major Thomson de la terre sont là, costume à fines rayures, moustache blanche et pochette assortie.

Champagne ! Beurk, j’aime pas trop, mais il n’y a rien d’autre ! Hello, hello. Qui c’est ce type qui me salue ? Comme si on avait été à Oxford ensemble. Bon, je vais voir ailleurs, c’est vraiment trop ennuyeux.

12 h 00 Stand RENAULT, réception

Alors là, ÇA c’est une réception ! Midi, c’est bien choisi. Je leur ferai un bon papier sur leur nouvelle R 25. Des huîtres ! C’est pas vrai, ils offrent des huîtres ! Avec du vin blanc sec, bien frappé, tout-à-fait ce qu’il me faut pour me remettre du Champagne de Rolls-Royce. Ah qu’ils sont gentils, aah je les aime bien ces R 25. Belle voiture ! Tiens voilà Ducarouge, ooh voilà le président…….. !

Bonjour, Monsieur le Président…….. oui, très bien merci, une belle réussite votre 25, bonne chance !

Tiens, voilà tous les anglais qui débarquent. Ils n’ont plus de champagne ou quoi ? Préfèrent les huîtres, sûrement ! Quel monde, c’est un vrai coude-à-coude pour s’approcher du buffet. Mon dieu, que vois-je, ils servent de la raclette aussi ! Oh là là, qu’est-ce qu’ils nous gâtent. Il faut vraiment leur faire un bon papier sur la R 25, ils méritent bien cela.

Bon, quelle est la suite du programme ? 15 h 00 chez Alfa. Bon, je vais un peu regarder les voitures d’ici là. Il n’y a plus d’huîtres de toute façon, je vais me promener un peu en attendant la prochaine réception.

15 h 00 Stand ALFA-ROMEO, réception

Benvenuto, benvenuto, ciao, come va ? le nuove quattro-quattro, belle he ! Euh… si, si, belle. Pas un francophone en vue, je me sens aussi à l’aise qu’un gibbon sur la banquise. Il Dottore Ingeniore Barchetti s’est lancé dans une grande explication sur le système 4×4 de son Alfa 33, à grand renfort de moulinets de bras. Je passe derrière lui, manque de prendre une baffe, je quitte le stand Alfa sans même prendre un Martini, écoeuré.

16 h 00 Stand FIAT, réception

Suis sur mes gardes. M’écarte prudemment de tout groupe de plus de deux personnes. Le buffet est bien garni, Cinzano, Martini, pizza, Campari, Bacardi…

Un espèce de Peppone moustachu officie derrière le bar, les conversations vont bon train, je ne comprends pas un mot de ce qui se dit, mais je sens bien qu’on ne parle pas de voiture ! Bon, je vais pas moisir ici, il n’y a rien de bon à boire et pas grand chose à manger, je rentre à l’hôtel taper mon reportage sur les journées de la presse au Salon de Genève !

« Le Salon de Genève était, traditionnellement, le Salon des petits constructeurs, des marginaux, et des premières européennes. C’était le salon préféré des journalistes, on pouvait y brûler des kilomètres de pellicule et faire des reportages intéressants. Felber y exposait ses hybrides, Panther ses Range-Rover à six roues, décapotables, blindées, etc… Bertone, Pininfarina, Colani, Beuttler, Bitter, Michelotti nous présentaient toujours des prototypes intéressants, Monteverdi — sur son propre terrain — tout comme Sbarro, Pisteur, Felber etc… toutes ces petites firmes nous proposaient régulièrement des créations extraordinaires, qui donnaient au Salon de Genève un caractère que les autres Salons lui enviaient.

Et que voyons-nous aujourd’hui, en 1984 ? Genève est devenu un Salon comme les autres, banal, ennuyeux. Les nouveaux palais — sur deux niveaux — conviennent mieux à une Foire du Meuble qu’à un Salon de l’Auto, tous les petits constructeurs ont disparu sauf quelques irréductibles comme Albar qui persiste à vouloir vendre des buggies démodés et son horrible Sonic, Pininfarina — sur un stand somptueux — nous présente une Ferrari GTO et un Spyder Fiat 124 qu’il a dessiné il y a vingt ans, Sbarro ne nous présente plus que des jouets pour fils d’Emir arabe, et c’est tout.

Une nouvelle vague de « carrossiers » a pris la place des créateurs, des stylistes, des inventeurs de génie. Ces « Carrossiers » se nomment B & B, Kamei, AMG, Irmscher, Styling Garage, Rinspeed, Gembella, Hammond & Thiede, etc. etc… et que nous proposent-ils ? Des transformations plus ou moins heureuses, plus ou moins vulgaires, des kits de spoilers/élargisseurs d’ailes/jupes latérales/jantes larges. Ils sont une vingtaine, ces « carrossiers » et leur grande originalité, leur individualité est la suivante : il modifient TOUS des Mercedes (et quelques Porsche). La production annuelle de tous ces petits carrossiers réunis est d’un millier de véhicules, dont plus de 900 sont vendus aux Emirats Arabes. Deux tendances se distinguent : le luxe outrancier et le luxe outrancier sportif. Dans la première catégorie, nous trouvons des berlines rallongées dont tous les chromes sont plaqués or 24 carats, console TV-Vidéo en or à l’arrière, console radio-stéréo en or (250 Watts minimum) à l’avant, bar avec carafes en cristal taillé, frigo, air conditionné, tentures, rideaux, sièges à réglage électrique, etc. etc…

Dans la deuxième catégorie, nous trouvons à peu près le même équipement, mais la voiture de base est un coupé 500 SEC monté sur jantes de 16 pouces chaussées de Pirelli P7, équipé de spoilers et de jupes. Les transformations sont ici plus radicales, puisque vous pouvez obtenir une 500 SEC aussi bien en décapotable qu’en pick-up ou en portes papillon. Les catalogues de vente de ces firmes sont aussi somptueux que leurs réalisations, et ils sont trilingues anglais-arabe-allemand ! Les desiderata de la clientèle sont tellement bien étudiés que — par exemple — la firme Styling Garage garantit que son coupé 500 SGS Guliwing peut être conduit à 200 km/h avec les portes papillon relevées !!! Cette nouvelle vague de carrossiers suscite quelques réflexions. D’une part les Mercedes sont les seules voitures européennes qui se vendent aux Emirats, où la marque s’est taillée une réputation de fiabilité grâce à ses camions… !!!! Eh eh ! Il était donc normal de choisir Mercedes pour s’implanter dans le créneau des véhicules de super-luxe. D’autre part, cette vogue est éphémère mais au vu des prix demandés pour de telles voitures, il suffit d’en fabriquer une dizaine pour mettre la clé sous le paillasson et s’en aller couler une retraite heureuse aux Caraïbes ou ailleurs. Ces firmes emploient un personnel hautement qualifié, un artisanat de pointe, des carrossiers qui vous forment des tôles à la main, à l’ancienne, des selliers, des ébénistes, des peintres, des dessinateurs, des ingénieurs-électroniciens. Toutes les voitures que nous avons examiné à Genève (entre deux réceptions…) étaient en finition, d’une qualité d’assemblage irréprochables, elles comportaient une énorme quantité de solutions techniques fort ingénieuses qui ne peuvent être appliquées à la grande série pour des raisons de rentabilité. Toutes ces voitures, aussi laides soient-elles (à nos yeux) nous ont rappelé que nous possédons en Europe des artisans de tout premier plan, et qu’il est infiniment dommage de ne pas pouvoir utiliser leur talents pour produire en petite ou moyenne série des véhicules qui soient vendables EN EUROPE ! Nous vivons en effet une époque où les règlements, les lois, les procédures d’homologations que nous ont imposés nos gouvernements ont tué les petits constructeurs, nous vivons à l’époque de la grande série, à l’époque de l’uniformisation, de la standardisation, de la rationnalisation… et donc de l’ennui. L’institution du Marché Commun n’a rien arrangé, bien au contraire. Tous les pays membres sont sensés avoir adopté la même législation en matière de construction automobile, et nous avons pourtant chacun nos règlements propres. Il n’est plus possible dans notre contexte actuel, pour un petit constructeur, de fabriquer un véhicule qui puisse satisfaire à tous les règlements en vigueur s’il ne dispose pas de capitaux gigantesques, d’un personnel très nombreux (qui doit toujours comprendre plus de bureaucrates que d’ouvriers) et il est dès lors bien compréhensible que les seules petites firmes qui s’intéressent encore à la production marginale ne puissent écouler leur produits que dans des marchés d’exportation qui ne sont pas régis par des réglementations aussi contraignantes que les nôtres. Le processus est irréversible, ne nous faisons aucune illusion, il ne nous reste plus qu’à choisir entre une G, une GS, une GTS ou une GTSX chez l’un, ou une 4, une 5, une 9, une 11 ou une 25 chez un autre GRAND constructeur. Adieu Genève…

Notre article du mois de mars sur la Rolls-Royce Silver Spirit continue de susciter un courrier volumineux, il n’a laissé personne indifférent et nous nous en réjouissons. A ce sujet, nous tenons à vous informer que le garage Vintage Automobiles à Monaco n’est en aucun cas responsable de la pose d’un nouveau compteur kilométrique, celui-ci a été placé par nécessité (puisque l’ancien ne fonctionnait plus) par le garage qui nous a vendu la voiture, et ce fait nous a été signalé avant l’achat, il n’y a donc aucune malversation.

Nous espérons que le sens de notre article ne vous aura pas échappé, en effet nous vous y commentions notre expérience avec une Rolls Royce Silver Spirit après 38.500 kilomètres, et l’état de la voiture n’impliquait pas la responsabilité des vendeurs et intermédiaires.

Nous ajouterons simplement que nous avons acheté cette Rolls au garage Juan les Pins Automobiles.

La polémique concernant la Rolls-Royce Silver Spirit est maintenant terminée, qu’elle serve à vous ouvrir les yeux, amis lecteurs, sur l’automobile, telle qu’elle se trouve réellement, et non telle que vous l’imaginez suite aux récits bêtifiants et à l’eau de rose de la presse en général.

Nous avons reçu suffisamment de courrier pour alimenter une rubrique de deux pages dans chacun des 10 numéros à suivre. Ce courrier nous a également servi de sondage, puisqu’il a pu faire apparaître un intérêt certain pour la démystification de voitures par trop encensées ailleurs. Nous tâcherons donc de continuer à vous donner matière à réflexion… Bonne lecture…

Patrice DE BRUYNE

P.S. Désolé pour ceux qui se sont laissé prendre à notre humour du 1er avril le mois précédent… en effet la « grande casse » était un énorme poisson d’avril…. quelques photos d’épaves en plaques françaises au milieu de photographies prises en Californie… et un bon millier d’entre vous ont craqué… jusqu’à des hebdomadaires et des quotidiens de grande diffusion qui nous ont offert des ponts d’or pour connaître la fameuse adresse de St. Germain en Laye.

En fait de blague, nous fûmes ensevelis de courrier et d’appels téléphoniques… des centaines de lettres, des centaines d’appels… par jour…..ce fut une bonne blague pour nous également.

Sommaire

8 LA RENAULT 25

Ne dites rien. elle a sa place dans Calandres, sobre et classique elle passe inaperçue, voilà donc une voiture pratique pour circuler en confort et… incognito.

12 LA MERCEDES 450 SL

Elle n’est plus fabriquée sous cette appellation, mais c est le modèle type que beaucoup d’entre nous rêvent d’acheter d’occasion, elle symbolise la classe… qu’en est-il ?

16 TO BE OR NOT TO BE

Mercedes symbolise la réussite… Mercedes c’est le symbole d’une certaine fortune, en avoir une… ça pose… ! En est-il de même à Hollywood ?

22 FERRARIBABY

Un fabuleux jouet à la finition remarquable, construit par un amoureux de l’automobile et des enfants.

24 O’GARAH COACH

Une firme qui a le vent en poupe, une réussite prodigieuse en l’espace de quelques années, et qui propose ce qui se fait de mieux et de plus cher.

32 CORD

Vraie ou réplique ? Indiscernable, cette voiture continue de faire rêver tous les américains au même titre que Bugatti en Europe.

38 JAGUAR XK 150

La dernière d’une série 120 & 140. La plus moche des 3 pour les amateurs, mais celle qui fut la plus sophistiquée.

42 LAMBORGHINI MIURA

Une légende, un tour de clef, vroum vroum, 1er, 2me, 3me le tour du pâté de maison, photos, et retour… le 1er essai sur 500 mètres de l’histoire !

50 BOUILLOT HELSEL

Fumisterie ou sens de la perfection à tout prix… à tout prix se lit ici à double sens… la plus chère type « E » du monde.

52 ROLLS ROYCE CORNICHE

Le summum, l’apothéose……. nous avons voulu vérifier pourquoi, et nous n’avons pas trouvé de réponse, elle roule, c’est déjà pas mal.

60 FIERO RACE CAR

2me et avant dernière partie d’une étude technique sur un modèle qui révolutionne l’industrie américaine… Admirez la finition !